La clinique et le business

La paranoïa est d'abord et avant tout une affection mentale, un trouble du comportement dont souffrent 0,3 à 2,5 % de la population (1). Un écrit dont l'ambition ludique et décalée est de promouvoir la paranoïa en entreprise se doit d'établir à titre de remarque liminaire que, comme le regretté Pierre Desproges l'était contre le cancer, l'auteur de ces mots est indubitablement et sans hésitations contre la paranoïa dans son acception première. Sa compassion est acquise aux malades et à leurs proches, et sa sympathie aux soignants de ces malades.

Nonobstant ces déclarations de principes, il est bon de rappeler ce qu'est la paranoïa « psychiatrique » avant d'entrer dans le vif du sujet.

Le paranoïaque interprète tous les signaux qu'il perçoit comme systématiquement hostiles à son endroit. Il bâtit un système cohérent, autoalimenté qui le conforte à coup de distorsions réitérées et mises en convergences dans ses idées de persécution, de déloyauté, de complot, de trahison, d'intention de nuire, de préjudice. Ces troubles finissent par altérer la relation du paranoïaque au reste du monde jusqu'à l'inadaptation sociale caractérisée par la surestimation de soi-même, un jugement défaillant et enfin une méfiance et une susceptibilité exacerbée. Des délires dont la typologie ne vous sera pas infligée ponctuent cette maladie chronique. (2)

Ce n'est pas de cette paranoïa-la dont l'auteur fait l'apologie.

Andrew S. Grove est l'un des fondateurs d'une société connue et respectée : Intel, mâle dominant de la tribu des « technologiques » s'il en est, leader des fabricants de microprocesseurs. Il est aussi crédité d'un aphorisme connu, dont il a fait le titre d'un livre :

« Only the paranoid survive »(3).

En français : Seul le paranoïaque survit.

Que le lecteur ne s'illusionne pas, il n'est pas question de vivre, mais de survivre. L'ambition de vivre n'a plus droit de cité, elle est caduque, obsolète, dépassée, ringarde, grotesque. La vie n'existe plus, seule la survie permet de persister. Celui qui n'est pas paranoïaque est condamné à mort à brève échéance, sans procédure d'appel ni recours en grâce. Le paranoïaque est le seul à pouvoir (4) survivre. C'est à dire tenter, avec quelque chance de succès, de passer entre les gouttes de la pluie de menaces qui l'arrose. Pour sauter par dessus les flaques d'averse en orage, de tempête en typhon (5). Vagabonder de météores en intempéries successives où la même paranoïa sera encore une indispensable vertu potentiellement salvatrice.

Le panorama brossé n'est pas d'un optimisme délirant, mais il présente le terme paranoïa sous un jour plus sympathique que dans sa définition médicale. Quand M. Grove en fait la condition sine qua non de la survie, il attribue des vertus thérapeutiques ou pour le moins immunitaires à ce qui, dans son sens originel, désigne une maladie. C'est un renversement de rôle.

Mais de quelle paranoïa parle M. Grove ? Quel champ d'application lui donner ? L'entité pertinente qui doit vivre et assumer sa paranoïa est-elle l'entreprise exclusivement, ou concerne-t-elle aussi l'homme dans l'entreprise, qu'il soit salarié ou dirigeant ? Bien sur, une entreprise ne peut pas à proprement parler être paranoïaque. Elle ne le sera au sens figuré que si ses dirigeants insufflent, loyalement et collectivement, un esprit de doute et de suspicion permettant d'imaginer la menace sous-jacente perçue dans chaque signal, pour se préparer au pire. Ainsi, l'entreprise par osmose devient aussi paranoïaque que ses dirigeants. Loyalement est un mot très important dans cet énoncé parce que la paranoïa mise-en-œuvre par chaque personne doit l'être au service de l'entreprise, et non au service de ses intérêts propre dans l'entreprise, même si – cela s'est vu – une entreprise peut être une menace pour un salarié ou un dirigeant. Collectivement n'est pas moins important puisque chaque salarié ou dirigeant peut lui aussi devenir une menace contre l'entreprise.

Vive le risque !

Le risque a mauvaise presse de nos jours, il est mal aimé, il fait peur. Et pourtant, quand nous nous gargarisons en faisant des analyses SWOT (6) nous oublions trop facilement que le risque recouvre les deux versants d'une courbe de Gauss que sont l'opportunité et la menace.

le risque de l'entreprise

Un exemple (paradoxal) à ce titre peut nous faire réfléchir. Les directions financières s'adoubent facilement comme chevalier-protecteurs des actifs de l'entreprise et considèrent ceux-ci comme un trésor, un graal sans défense excitant toutes les convoitises. Mais les actifs ont pour rôle d'être consommés/détruits/échangés dans un cycle d'exploitation (investissement dans l'entreprise → investissement de l'entreprise → production → stockage → commercialisation → recouvrement → rémunération). Si ces actifs sont détruits dans un cycle d'exploitation, ils ne sont pas protégés. Il est donc logique d'affirmer que s'opposer à leur destruction est contre-nature. Au contraire, la rotation et donc la destruction/consommation des actifs la plus rapide possible doit être recherchée puis que c'est cette rotation qui est créatrice de richesse. (C'est d'ailleurs la préoccupation de tout bon directeur financier de diminuer le délai de recouvrement et de maximiser la rotation des stocks). Poursuivons avec un petit exercice certes puéril : dessiner le flux de cash « standard » et simplifié de l'entreprise.

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Un premier constat (7) : Ceux concernant l'investisseur mis à part, les flux de cash entrants sont probables, les flux sortants sont certains et précèdent les entrants.

Le constat est clair : les flux de cash entre entreprise et investisseur fonctionnent dans les deux sens, ou c'est du moins l'objectif. La définition de l'investissement est l'échange d'une utilité marginale de substitution (8) contre la probabilité (l'espoir ?) de la perception ultérieure d'une plus grande utilité. Avec probabilité, nous revenons dans la problématique simplissime de la courbe de Gauss, ce chapeau en cloche qu'adoptèrent les femmes de l'entre deux guerres.

Tout cela pour dire que l'entreprise est existentiellement basée sur un contrat, un projet de plusieurs agents économiques qui partagent des risques (opportunités + menaces) et mettent en commun des « moyens » et les détruisent en les combinant dans un processus de production – commercialisation qui doit probablement leur procurer des moyens supérieurs en retours. L'étalon est ici bien souvent monétaire.

Ceci établi, il devient profondément incohérent et contre-nature d'imaginer une entreprise sans exposition au risque. Le risque, la menace est le contexte naturel d'une entreprise. Risque de voir un concurrent plus malin prendre une part de marché. Risque d'imaginer et de lancer un produit défaillant, inadapté, à contretemps. Risque de n'avoir que des produits obsolètes. Risque d'un partenaire défaillant. Risque d'être victime d'espionnage industriel. Risque d'avoir des clients qui ne paient pas, ou mal. Risque d'une modification règlementaire. Risque d'un conflit social. Risque d'une insuffisance de profitabilité / rentabilité. Risque d'être responsable d'une malveillance. Risque d'une discorde entre des investisseurs. Risque d'un divorce entre management et actionnaires. Risque d'une prospective erronée. Risque de change ... Risque voire certitude de vous lasser avec cette liste qui pourtant n'est pas finie ...

Et la paranoïa dans tout cela ? Si le paranoïaque invente des menaces, l'entreprise n'a pas vraiment besoin d'en inventer ... elle n'a qu'à piocher dans la liste précédente une fois celle-ci complétée ! Et bien c'est justement cela, la paranoïa en entreprise ... compléter la liste lassante des menaces en fonction des données propres à l'entreprise et à son milieu présent et futur, sans jamais se lasser d'en découvrir de nouvelles qui mettront en évidence des vulnérabilités, pour tenter d'y pallier.

Un brin de schizophrénie

« Encore une maladie psychiatrique ! L'auteur se prend-il pour un carabin ? » se dit le lecteur excédé qui souhaitait ne pas perdre de temps sur des termes et concepts médicaux plus que le strict nécessaire et suffisant ... L'auteur souhaite simplement souligner le grand écart induit par les propositions précédentes :

  • seul le paranoïaque survit <=> le pessimisme est vital.
  • l'entrepreneur croit à la probabilité de succès de son entreprise <=> il est optimiste.

Formulons dès lors ce qu'il conviendra d'appeler le paradoxe de Mahoudeaux (9) :

L'entrepreneur vivant est un optimiste paranoïaque.

Soit dans la langue de Shakespeare :

A living entrepreneur is an optimistic paranoïd.

Il n'est pas indispensable d'alourdir l'énoncé en redondant sur l'implicite schizophrénie de l'entrepreneur.

Comme en mathématiques, précisions un tantinet le domaine de définition :

  • Il est évident qu'un entrepreneur optimiste non-paranoïaque mettra un certain temps avant de voir son entreprise mourir ; pendant ce temps de latence, le paradoxe ne sera pas vérifié ;
  • Un entrepreneur peut certes survivre au naufrage de son entreprise (que ce naufrage soit dû à un excès d'optimisme ou une carence de paranoïa), mais il perdra de fait la qualité d’entrepreneur.

Paranoïa appliquée

Heureusement des entreprises survivent. Cette persistance constatée empiriquement laisse supposer que des entreprises sont de façon récurrentes suffisamment paranoïaque pour pallier à toutes les menaces, qu'elles aient été anticipées ou non. En gros, ces entreprises sont remarquables parce qu'elles réussissent un temps certain à ne pas être tuées. Interrogeons nous : Qui a un bon mobile pour ce meurtre ou cette tentative de meurtre ? Une autre entreprise, bien sûr ... mais elle n'est pas seule !

L'origine des menaces

Les entreprises

Un certain M. Karl Marx pourrait théoriser sur des classes d'entreprises dont certaines serait prolétariennes et de ce fait plus exposées, plus fragiles que d'autres mieux nanties, les entreprises épanouies et prospères, les bourgeoises ... Cette métaphore n'est pas si incongrue qu'elle en a l'air, le jeu « économique » capitaliste ressemblant fort à une cour de récréation de l'école primaire où les grands peuvent en catimini martyriser les petits dès que l'instituteur a le dos tourné. Et comme à l'école primaire, les aspirations des petits sont de devenir grand (soit pour se venger, soit simplement pour se libérer), celle des grands de rester les prédateurs qu'ils s'imaginent être ... jusqu'à l'entrée au collège.

Dès que l'on examine cette « lutte des classes » à l'aune des entreprises, il convient de noter qu'elle ne doit pas être vue de façon trop tranchée : les « entreprises bourgeoises » se battent entre elles pour être moins nombreuses à être plus riches, et les « prolétaires » se battent entre elles pour devenir le challenger qui pourra prétendre devenir calife à la place du calife, c'est à dire une entreprise bourgeoise et nantie (10).

Bien sûr, une représentation binaire telle qu'énoncée plus haut est forcément caricaturale et réductrice. Toute entreprise est forcément la bourgeoise à abattre d'une entreprise plus prolétaire qu'elle, et n'en n'incarne pas moins la prolétaire qu'une plus bourgeoise doit liquider pour sa tranquillité. La paranoïa recommande donc de se méfier des plus petits poissons autant que des plus gros et des pairs (11). Parmi les litotes convenues, rappelons que le « petit » supplée à l'absence de puissance par sa réactivité et que l'inertie du « gros » est une arme à double tranchant qui peut se retourner contre lui.

Les employés

La logique donne raison au proverbe : il est peu probable que nous soyons trahis par un ennemi ; les amis sont beaucoup plus qualifiés pour cela ! Bien sûr il arrive que des comportements déloyaux soit imputables à l'un des protagonistes de la relation employeur – employé ... (Sans préciser lequel : les deux classificateurs patrons voyous et salariés indélicats recrutent depuis l'âge de pierre). Mais en dehors de ces comportements extrêmes; il y a la simple insuffisance du facteur travail, quelle qu'en soit la cause, qui peut avoir des conséquences désastreuses. Pensons au trader qui, un jour de grande distraction, a confondu les champs « quantité » et « prix » lors du passage d'un ordre, au grand bonheur de quelques arbitragistes qui y ont vu une splendide occasion de doper leur bonus.

Les actionnaires & les dirigeants

Des actionnaires peuvent détruire leur entreprise. Des actionnaires court-termistes, surfant sur le postulat de Keynes (12), peuvent priver une entreprise de tout futur en asséchant ses ressources. Une société peut péricliter après une acquisition du seul fait de l'incapacité du prédateur à l'intégrer avec les opportunités et les contraintes qu'elle présente. Des erreurs dans le choix des orientations stratégiques peuvent conduire à la ruine. L'insoutenable dans cette constatation, c'est qu'une entreprise ne devrait pas, à de très rares exceptions près, se suicider.

Le marché, l'état et l'écosystème

Il serait là encore fastidieux de tenter de lister avec précision les sources des menaces ... et prétentieux de jamais imaginer atteindre l'exhaustivité. Songeons simplement que des sociétés peuvent être condamnées du fait d'un marché qui se tarit ou qui mute : le passage de la photo argentique à la photo numérique est un exemple parfait de volumes qui s'effondrent suite à un saut technologique. Gardons à l'esprit que des fonctionnaires de droit divin peuvent, sans qu'une raison valable soit nécessaire, obérer la survivabilité de certaines entreprises par des abus de droit, que ce soit dans le domaine règlementaire, juridique ou fiscal. N'oublions pas que des établissements financiers, du fait du levier dont ils disposent parfois, peuvent acculer des entreprises à des décisions insanes, des actes contre-nature et dommageables. Comment ignorer que des conseils, des partenaires, des fournisseurs, des leaders d'opinion de toute nature et même des quidams que rien ne prédispose à cet effet peuvent considérablement menacer des entreprises. Bref tout l'écosystème dont l'entreprise se nourrit peut l'empoisonner à tout moment.

Comment paranoïer (13) ?

L'introspection

C'est d'abord avec l'imagination qu'il convient de se livrer à cette activité hautement cérébrale. L'entrepreneur doit se soustraire à ses rêves féconds qui nourrissent sont envie d'entreprendre pour s'inventer les plus affreux cauchemars, en espérant que la réalité sera plus clémente, mais en se préparant au pire.

La cartographie des risques

est un terme très exagéré ... Dans les faits, elle ne concerne que les menaces, pas les opportunités. Il conviendrait donc de la rebaptiser, mais tel n'est pas le propos. La démarche est celle d'une analyse des menaces de quelque nature, tant interne qu'externe, aussi exhaustive que possible. La synthèse de cette démarche est formalisée dans un document périodiquement remis à jour et servant de base de départ au volet « action » qui lui consiste à décider en face de chaque menace d'une stratégie de couverture (ou non) puis de la mettre en œuvre. Cette cartographie est donc une introspection paranoïaque méthodique, normée, industrialisée réservée aux entreprises bourgeoises qui en ont les moyens.

Le management des hommes

L'entrepreneur paranoïaque se doit de douter de l'efficacité de sa propre paranoïa et inciter ceux qui vivent l'aventure entrepreneuriale avec lui (ceux qui sont dans le même bateau) à décrypter dans tout signal une menace, puis de partager le fruit de leurs perceptions dans une démarche collective. Une tempête de cerveaux (14) est en effet plus productive que les errements d'une paranoïa érémitique.

Le lecteur comprendra bien évidement qu'il n'est pas possible de poursuivre une description du comment paranoïer sans connaître les menaces auxquelles il convient de répondre préventivement ou de se préparer à affronter. La combinatoire est infinie et contextuellement non transposable d'une entreprise à l’autre. La combinaison de démarches de type assurance (transfert du risque à un tiers) et prévention peut servir de base conceptuelle à cette démarche.

Combien paranoïer ?

L'auteur ne résiste pas à la tentation d'énoncer et de diffuser au monde entier une nouvelle règle empirique qu'il a non seulement formulée dans son passé de directeur financier, mais aussi mise en œuvre quotidiennement et qui sera connue comme l'exception (15) de Mahoudeaux :

Le seul gâchis autorisé, c'est le gâchis de paranoïa !

Traduite dans la langue de Poe :

The only allowed waste concerns paranoïa!

Le pourquoi de cette exception est évident : une insuffisance de paranoïa est mortelle. Une surabondance de paranoïa, en préparant l'entreprise à plus de pire, incrémentera sa probabilité de survie, même si des ressources sont objectivement consommées en pure perte dans ce processus. Il est effet assez rare que tous les malheurs de la terre s'abattent sur une seule victime au même moment, mais lorsqu'une entreprise est parvenu, grâce à sa paranoïa et sa préparation, à survivre à une crise grave, peut lui chaut qu'elle se soit aussi préparée à des crises qui ne sont pas advenues. Quand on a subi aucun sinistre, il est malsain de déplorer avoir payé en vain des primes d'assurance !

Il est donc sain que l'entreprise sacrifie une partie des ressources qui pourraient être utilement employées ailleurs qu'à cette activité non productive. Malheureusement, déplorons :

  • qu'il n'existe pas d'unité de mesure quantitative connue de la paranoïa (paranoïa produite) (16) ;
  • que les entreprises les mieux organisées ne mesureront idéalement que le temps et les coûts passés par une cellule dédiée au « risk management », pas le sain exercice disséminé de paranoïa dans toute l'entreprise (ressources consommées pour produire).

Nonobstant la légitime frustration supportée par l'entreprise confrontée à cette nouvelle quadrature du cercle (la paranoïa ne se mesure pas + on améliore que ce que l'on mesure.), il semble indispensable de se résigner en se rappelant l'adage « in medio stat virtus ». C'est donc à une dynamique itérative, auto-adaptable et empiriquement mesurée (17) que l'auteur invite les entreprises (18) : combiner au moins pire les activités offensives (faire du business) et défensives (s'assurer d'être en mesure de pouvoir en faire dans le futur). Un certain Sun Tzu n'a pas dit autre chose au chapitre IV de son opus lorsqu'il énonce que

« L'invincibilité se trouve dans la défense, la possibilité de victoire dans l'attaque. »


Tunis / Paris / Vannes
Juillet / Août 2008


(1) Source Wikipedia.
(2) Source Wikipedia.
(3) (c) Andrew S. Grove, 1996 – non lu à ce jour par l'auteur.
(4) Cette condition est nécessaire. Rien n'indique qu'elle soit suffisante.
(5) Rien ne confère une date de péremption à cet aphorisme.
(6) SWOT = Strength Weakness Opportunity Threat = Force Faiblesse Opportunité Menace – matrice utilisée dans l'évaluation d'une situation stratégique.
(7) une litote diront tous ceux qui, dans leur vie, ont préparé un cash-flow.
(8) Souvenirs des bancs d'école ... jargon de cuistre ?
(9) Au cas où la paternité de ce paradoxe viendrait à être contestée, merci d'en aviser l'auteur qui n'a pas trouvé de traces d'une publication similaire antérieure dans les sources consultées.
(10) Sans prétendre faire œuvre d'historien ou de sociologue, l'auteur pense que la naissance du corporatisme moderne lors des deux derniers siècles, avec tous ses relents délétères de clientélisme, est de facto induite par l'absence de cohésion globale des prolétaires, les mieux organisés dans les secteurs les plus critiques s'extirpant un peu de leur condition au détriment des autres prolétaires plutôt que de la classe dominante.
(11) Ne citons que deux exemples certes extrêmes : Microsoft, basé sur le désintérêt d'IBM pour un marché qu'il n'avait ni compris ni anticipé, et Oracle, fondé par des transfuges du même IBM.
(12) "A long terme, nous sommes tous morts." ou "In the long run we are all dead."
(13) Pourquoi se priver du plaisir de créer ce néologisme ? Le soutien militant de l'auteur pour l'entreprise de sauvetage des mots inusités de M. François Rollin ne doit pas lui interdire d'enrichir notre langue par d'hardies créations sémantiques.
(14) Brainstorming.
(15) Cela aurait pu être un deuxième paradoxe, tant il est contre-nature pour un directeur financier standard (=> avec oursins dans les poches et porte-monnaie en peau de hérisson) de tolérer ou même d'encourager le moindre gâchis.
(16) Et le titre de cet article est vraisemblablement constitutif d'un dol.
(17) Suivant la norme UNM 00-000 Système d'unités pifométriques / Nosometrical system of unit de Janvier 1993 modifiée en Avril 1996. Voir pièce jointe.
(18) Exceptées bien sûr toutes celles qui veulent ou voudront du mal aux entreprises affiliées à l'auteur, et celles à qui ces mêmes affiliées veulent ou voudront du mal. Business is business.