Reste un certain nombre d'interrogations que le citoyen lambda que je suis se pose, et les commentaires que j'ai envie de formuler :

- Cette étude d'une durée de 2 ans aurait été quasi-clandestine. Cette paranoïa des chercheurs était-elle vraiment nécessaire ? Les industriels et leurs lobbys ont-ils tant de pouvoirs qu'ils auraient pu contrecarrer, interdire, empêcher d'aboutir cette étude ? Je n'ai pas la réponse, mais répondre par oui nous situerait bien bas dans l'échelle de la démocratie (1) ;

- Le commun des mortels est heureux d'apprendre que les études précédentes se bornaient à un horizon de 3 mois. Je peux bien sûr imaginer qu'il ne soit pas exigé une durée d'expérience comparable à la durée de vie humaine, d'abord parce que les cobayes utilisés ne vivent pas aussi longtemps que nous. Mais 3 mois seulement, en se satisfaisant des affirmations des industriels, est-ce bien raisonnable d'être aussi parcimonieux et confiant ? Le citoyen soupçonneux que je suis pourrait imaginer que les personnes responsables de la lecture de ces études au sein des agences sanitaires, et/ou les hommes et femmes politiques en charge de les diriger et de les contrôler au nom de la collectivité sont, au choix, mais sans qu'une réponse exclusive soit exigée, bien naïfs, ou bêtes à manger du foin, ou alors incompétents, ou encore, mais j'en frémis de l'envisager, corrompus ?

- 3 mois : pourquoi 3 mois ? L'industriel savait-il qu'au delà de cette échéance, « the shit hits the fan » (2)  ? Et s'il savait, quelle qualification juridique et/ou pénale apposer au fait de commercialiser un tel produit sciemment et consciemment ? Décidément, Lénine avait une bonne intuition lorsqu'il énonçait que « les capitalistes vendront jusqu'à la corde pour les pendre » - même si le communisme est mort trop tôt pour jouer le rôle du bourreau ;

- Je n'aime pas a priori un principe de précaution qui serait érigé en un dogme castrateur éradiquant tout risque de la société, parce que vivre au quotidien implique l'acceptation, aussi consciente que possible, d'un certain niveau de risque. Mais ce n'est pas d'hier que des sirènes d'alarme se faisaient entendre contre les OGM. Balayer ces objections discrètement et distraitement, sous prétexte que les écolos seraient des pervers dogmatiques souvent allumés ou siphonnés (3) n'était sans doute pas la meilleure lecture possible du principe de précaution ;

- Un hommage, un merci et une source d'espoir : Parmi ceux qui ont financé cette étude, un grand nom de la grande distribution. Je ne suspecte pas une irrépressible crise de philanthropie, une incurable générosité. Mais il lui aurait été si facile a posteriori de se laver les mains avec une pierre ponce (pilate) en blâmant industriels et autorités sanitaires. Quand bien même sa seule motivation ne serait que le respect dû à ses clients, bravo et merci. Et voici la bonne nouvelle : Moratoire sur les ventes de cordes !

(1) non loin de Cuba et de la Corée du Nord, pour pasticher une actualité récente (2) la merde heurte les pales du ventilateur (3) opinion que je partage parfois