TRIBUNE | La rédaction a reçu le communiqué suivant. Son origine ne pouvant faire l’objet d’aucun doute, nous le publions tel quel. Lisez-le attentivement et surtout, jusqu’au bout.

COMMUNIQUE Le Syndicat interprofessionnel des bourreaux annonce sa fusion avec le Conseil de l'ordre des médecins. Les pouvoirs publics se sont engagés à lever les derniers obstacles réglementaires pour permettre à cette opération d'aboutir. La transaction fait suite au succès de l'OPA du Syndicat interprofessionnel des bourreaux sur le Parlement, et du putsch réalisé par le gouvernement sur le Comité national consultatif d'éthique, et enfin à la mise sous tutelle administrative du Conseil de l'ordre des médecins. Cette fusion devrait bénéficier à l'ensemble des parties prenantes et à la nation : ♦ réduction de la pénibilité du travail des médecins : il ne leur sera plus demandé de soigner voire de guérir leurs patients ; ♦ opportunité de reconversion facilitée pour les bourreaux, le dealflow judiciaire s'étant tari depuis 1981 : à cette fin, une équivalence des diplômes de médecin et de bourreaux devrait être décrétée par le ministère de l'Education nationale qui s'y est engagé ; ♦ relance des industries funéraires, durablement sinistrées par l'augmentation de la durée de vie ; ♦ réduction de la durée de prestations incombant aux caisses de retraites ; ♦ réduction significative de la durée et des coûts des soins prodigués aux clients, profitable aux caisses de Sécurité sociale et aux assurances complémentaires santé. Les objectifs affichés par cette fusion sont ambitieux : inverser durablement la courbe de la durée de vie, qui croit de façon insolente depuis tant d'années malgré les louables efforts coordonnés des industriels de la malbouffe, des promoteurs de loisirs sédentaires et des industries polluantes. À partir de 2016, il est prévu de réduire chaque année l’espérance de vie moyenne en France de 2 à 3 mois de façon homogène. Des économies seront réalisées très rapidement par la fermeture des unités de soins palliatifs, devenues inutiles. M. Gros-Merou, délégué général du Syndicat interprofessionnel des bourreaux, qui devrait être nommé PDG du nouvel ensemble, déclare : « Je me réjouis et me félicite d'avoir enfin pu concrétiser nos ambitions de développement forcené d'une culture létale en usant du magnifique effet de levier que devrait nous procurer la profession médicale dans son ensemble. Dès que nous aurons atteint notre vitesse de croisière, ne doutez pas que nous nous donnerons les moyens de promouvoir notre vision moderne, radicale et efficiente de la fin de vie au-delà de nos frontières. » Le Dr GoodHouse, président nommé par le ministère de la Santé à la tête du Conseil de l'ordre des médecins et qui devrait devenir directeur technique de l'ensemble, déclare quant à lui : « Il peut enfin être mis un terme à cette ridicule poursuite de la vie qui ne rime à rien pour bien des personnes. Certes, quelques médecins vont sans doute renâcler, mais nous n'hésiterons pas à les enrôler rapidement de force au sein de nos essais cliniques pour encore perfectionner les techniques médicales d'éradication de la vie. La biotomie médicamenteuse française, c'est l'avenir ! »
*** SI CE PASTICHE grinçant des communiqués de presse ayant droit de cité dans le monde des affaires vous a fait sourire, je n'aurais pas perdu mon temps à l'écrire. S'il vous a alerté sur les « éléments de langage » dont nous abusons parfois pour convaincre et a renforcé vos défenses immunitaires sur ce sujet, c'est encore mieux. Si enfin l'imminence de la menace d'une légalisation de l'euthanasie camouflée par un lénifiant vocable de « sédation terminale » vous afflige ou vous révolte, vous pouvez vous aussi vous mobiliser et sensibiliser votre entourage par tous les moyens légaux. Signé : @remseeks Illustration : @voixdenfant

initialement publié par Liberté Politique