La tribune de David Desgouilles publiée par le FigaroVox « Quittons Twitter, cette cour ridicule » est excellente. Elle compare opportunément la plate-forme de micro-blogging à la cour de Louis XVI telle que dépeinte (fantasmée ?) par le remarquable film de Patrice Leconte, Ridicule. Oui, le mimétisme y fait rage, lynchage numérique du bouc émissaire compris : René Girard y trouverait un champ d’étude extraordinaire. Les vanités s’y mesurent en nombre d’abonnés, pas en quartiers de noblesse. On s’y hausse du col à force de bons mots ou d’attaque ad hominem en 280 caractères, pas en alexandrins. Parfois, elles humilient l’adversaire. Pire : la plate-forme n’est pas neutre. D’une part, ses algorithmes ne laissent apparaître qu’une partie des tweets, ceux les plus à même de faire réagir et d’exacerber les conflits. D’autre part, la modération de Twitter est objectivement partisane : progressiste et bien-pensante. La conclusion de David Desgouilles rejoint celle du film : il faut déserter cette cour. « Un arbre pourri ne donne pas de bons fruits. » Il a désactivé son compte et rejoint, en cela, le Dr Michel Cymès dont j’avais commenté le départ.

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