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jeudi 13 septembre 2018

Réseaux sociaux : où est le pouvoir ?

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, envisage de légiférer pour limiter l’addiction aux réseaux sociaux. Dans un entretien très intéressant publié par Le Figaro, Gaspard Koenig, philosophe libéral, lui répond que légiférer n’est pas la solution et relève de l’addiction du politique à la régulation, pour s’immiscer dans l’intime des gens à tort et à travers en détournant la loi de son objectif. S’ils sont d’accord sur le constat de départ (l’addiction), que penser de cette divergence sur les solutions ?

Et la suite chez Boulevard Voltaire

vendredi 11 mai 2018

Quelques exemples du « pasdevaguisme » à l’Éducation nationale

La fille d’une amie (catholique) est en sixième dans un collège public de Viroflay. Son professeur de français sait faire aimer cette matière. Mais depuis deux mois, cette enseignante leur fait étudier des passages de la Bible et du Coran. Pourquoi pas, même si ce ne sont pas des textes français à l’origine ? Il faut bien que les jeunes esprits se confrontent à des textes essentiels, la Bible comme l’Odyssée, et une classe de français est sans doute le meilleur endroit possible pour le faire à cet âge. Après chaque séance, cette enseignante fait répéter à ses élèves que « Dieu n’existe pas ». Parmi ses arguments, deux récits de la création, c’est un de trop, et tous les croyants seraient des créationnistes réfutés par la science. Bref, Dieu serait une invention rassurante des hommes pour expliquer ce qu’ils ne comprennent pas.

Et la suite chez Boulevard Voltaire

mercredi 10 janvier 2018

Jeter nos smartphones ?

Deux actionnaires d’Apple ont écrit à la firme pour lui demander de lutter contre l’addiction des jeunes générations à l’iPhone et ses effets nocifs. Leur pouvoir de décision au sein de la firme est dérisoire (0,2 % du capital), mais c’est une bonne nouvelle que des actionnaires américains promeuvent le bien commun au détriment de la « valeur actionnariale » (maximiser l’usage, la dépendance et, donc, le renouvellement des produits est rentable) : Michael Porter finira par enterrer l’école monétariste. Même s’il y a encore du travail.

Et la suite chez Boulevard Voltaire

Et les commentaires : https://www.facebook.com/bvoltaire.fr/posts/1561708673894486

mercredi 26 octobre 2016

Éducation nationale et OMS d’accord pour… une partouze à la maternelle ?

Non, ce n’est pas le titre d’un film porno. Voici les faits : le réseau Canopé, organisme Théodule de l’Éducation nationale, diffuse comme outil pédagogique une brochure de l’Organisation mondiale de la santé disponible ici PDF et traitant de « Standards pour l’éducation sexuelle ».

Et la suite chez Boulevard Voltaire

lundi 22 février 2016

Neutralité à géométrie variable

L’Etat doit être neutre et laïc et les collectivités locales aussi. Beaucoup de catholiques n’ont aucun problème avec cette affirmation. Neutre veut dire que la décision publique devrait n’être prise que dans l’optique d’une maximisation ou d’une optimisation du bien commun. Tout soutien à des initiatives privées devrait être subordonné à la satisfaction de cette condition préalable. Le népotisme, le favoritisme, le clientélisme qui se constate parfois sont des accrocs à cette neutralité. Les avantages publics qui seraient octroyés à un culte sont donc à bannir.

Et la suite chez l'OSP Fréjus - Toulon

mercredi 14 octobre 2015

Une éducation à grands coups de pathos

Histoire et manipulation : une éducation à grands coups de pathos

TRIBUNE | Quand un professeur demande à des collégiens de faire un bilan des traites négrières, s’appuie-t-il sur des données et des raisonnements scientifiques ? Poser la question, c’est y répondre…

Un de mes amis était affligé par le cours subi par sa fille de quatrième sur l'esclavage, assez pour partager avec moi les notes de cours prises par l’enfant et les objectifs affichés par son enseignant. Si j'ai pu, à la lecture de cette leçon, éprouver le relatif soulagement de voir qu'on ne se livrait pas à un révisionnisme éhonté (une information délibérément fausse 1), j'ai tout de même constaté que des biais de présentation étaient, de mon point de vue, mis en œuvre. Je ne peux bien évidement pas prouver qu'une idéologie préside à ces altérations, mais seulement déceler une certaine convergence de ces biais entre eux 2. La victime collatérale en est l'Histoire elle-même, privée de son illusoire neutralité objective qui lui est si nécessaire. Mais là n'est pas mon propos. Un objectif ambitieux L'enseignant affiche un objectif ambitieux : ses élèves doivent être capables de « faire le bilan des traites négrières ». Je me sens personnellement bien incapable de m'atteler à cette tâche, d'abord parce qu'il n'y a pas qu'un seul bilan et que je n'ai ni tous les savoirs nécessaires, ni toutes les compétences requises. Mais il est vrai que je ne bénéficie pas des enseignements éclairés de l'école d'aujourd'hui, je ne suis qu’un ancien élève sans doute devenu obsolète... Pour le bilan moral, pas de problème, c'est très simple. La dignité de l'homme est incompatible avec sa réduction en servitude qui le transforme en objet de commerce et en simple outil au service de son maître. La cruauté des traitements effectivement infligés aux esclaves est intrinsèquement révoltante pour nos esprits formés aux lumières des Évangiles ou des philosophes éponymes (qui brillaient sur ce sujet de feux bien ternes 3). La hiérarchie créée entre des groupes d'individus vole en éclat face à notre égalité dans l'amour que Dieu nous porte individuellement. En 1537, l'Église par la bulle pontificale Sublimis Deus de Paul III s'engage dans la voie de la condamnation de l'esclavage, même si cette bulle incomplète est restée lettre morte et inopérante trop longtemps. Un enfant de classe de quatrième est-il capable de comprendre ce qui rend le bilan économique de l'esclavage si contestable ? À quantité de travail comparable, le coût en capital de l'esclave + de son entretien + de son gardiennage serait supérieur à celui du salarié libre nous disaient les physiocrates, mais : 1/ est-ce que cette situation a été vraie pendant toute la période de traite transatlantique ? Était-elle similaire à d'autres époques et en d'autres lieux ? et 2/ est-ce à la portée d'un jeune de cet âge de le comprendre ? Est-ce si simple ? Je ne me sens pas capable d'aborder les aspects démographiques, sociaux et culturels, tant en Afrique qu'aux lieux d'exode des traites : je ne pourrais pas faire plus que d'asséner des litotes, ou tenter de formuler des interrogations que je serais bien incapable de résoudre… • Oui, des saignées démographiques ont eu lieu, la déportation de cette main-d'œuvre servile a certainement eu un impact sur la population d'Afrique et sa vie. Mais les guerres inter-ethniques existaient en Afrique avant la traite, et la réduction en esclavage y était pratiquée. Dispose-t-on de statistiques comparables sur la morbidité et la fécondité des esclaves victimes de chacune des traites et de ceux qui restaient sur place ? • Pour ce qui est des facteurs sociaux, une société coloniale avec quatre classes (grands Blancs, petits Blancs, Noirs libres, Noirs esclaves) présente-t-elle des avantages et des inconvénients vs une stratification de la société en noblesse + clergé + tiers-état nanti + tiers-état pauvre ? • Enfin, pour les aspects culturels, laissez-moi botter en touche, je ne sais vraiment pas répondre. Alors, quand un enseignant demande à un jeune de 13-14 ans de faire le bilan des traites négrières, je sens bien que seul le pathos infligé en cours sera utilisé, et un réquisitoire sera plus vraisemblablement obtenu. Est-ce la bonne façon de former de jeunes esprits ? Oui, si l'on éduque dans l'optique d'obtenir des citoyens dociles et facilement manipulables par les idéologues de demain, qui (les ficelles sont connues), useront et abuseront des émotions naturelles ou suscitées pour les priver de l'entendement, du libre-arbitre et anesthésier leur capacité de réaction. Et in fine asservir ces têtes blondes, brunes ou rousses. Mais, comme à mon habitude, je vois le mal partout.

Rémy Mahoudeaux

__ 1 Je n’ai trouvé qu’une seule information erronée due à une faute de logique : identifier comme « futurs » esclaves les prisonniers de guerres tribales situe au mauvais moment la réduction en esclavage, puisque ces prisonniers sont vendus. 2 Cette convergence concerne le parti pris idéologique de minimiser la traite arabo-musulmane et de mettre en avant la traite transatlantique opérée par l'occident chrétien. Est-ce de l'ethno-masochisme ? Il est important aux yeux de certains de faire peser de façon inégalitaire « le poids de l'héritage de ces méfaits » sur les jeunes générations, en fonction de leurs appartenances respectives à des communautés, ethnies, confessions (cf. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/encore-aujourd-hui_482221.html). 3 Lisons Voltaire : « Les Blancs sont supérieurs à ces Nègres, comme les Nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres » (Traité de métaphysique) ; « Nous n'achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l'acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir » (Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, 1753).

publié à l'origine sur Liberté Politique