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lundi 29 avril 2019

Rire des flammes de Notre-Dame : France Inter l’a fait

Les chrétiens souffrent. Leurs frères dans la foi sont persécutés de part le monde. Ils ne sont certes pas les seuls à souffrir de persécutions, mais avec 4300 chrétiens tués en raison de leur foi dans le monde en 2018, surtout au Nigeria, il est difficile de ne pas trouver que ce bilan est très lourd. Faut-il préciser que parmi les bourreaux de ces récents attentats, il n’en est pas qui se réclament d’une idéologie catholique ou d’une autre confession chrétienne qui justifierait de telles violences. La foi chrétienne est certes prosélyte, mais toute conversion y respecte la liberté de conscience du converti. Il est une autre religion prosélyte qui n’a pas toujours de telles délicatesses.

Et la suite chez Boulevard Voltaire

samedi 18 février 2017

Un quinquennat en cinq images

Nous touchons au terme, enfin, d’un trop long mandat. L’heure du bilan approche. Sauf événement qui viendrait troubler ce classement, voici cinq images parmi les plus symboliques pour illustrer ce qui fut un désastre.

Et la suite chez Boulevard Voltaire

dimanche 22 février 2015

Charlie au pays de l'or noir

Charlie au pays de l’or noir et le pacte du Quincy

TRIBUNE | Réflexion sur les multiples causes du fondamentalisme islamique, religieuses mais aussi politiques. Au pays de l’or noir, dans l’Orient compliqué, de bien étranges pactes… : à qui profitent les crimes ?

L'actualité est dramatique, elle nous a frappés durement. Mais l'union nationale des « Charlies » bricolée à la va-vite devait avorter dès sa conception avec des arrière-pensées de basse politique : l'exclusion de certains nationaux, la présence de dignitaires étrangers peu reluisants, la focalisation excessive sur la liberté de la presse au détriment des autres victimes, la continuelle fraude aux mots ne pouvaient qu'avoir raison de cette quasi-utopie, l'union nationale. Dont acte. Nonobstant leurs poses, les Charlies n'ont pas réussi à ressouder la nation. Au-delà de ce ratage, il convient, de façon très pragmatique, de tenter d'identifier les causes de ce drame, afin si possible d'éviter qu'un drame similaire ne se reproduise. Le deuxième et le troisième précepte de la méthode analytique que Descartes a formulée 1 sont trop réducteurs pour expliquer un phénomène complexe comme celui du fondamentalisme islamique. Je préfère penser qu'une multitude de causes engendre une multitude d'inextricables effets, et me contenter d'identifier de possibles causes sans même me hasarder jusqu'à les pondérer entre elles.

Une lecture de l’islam

Je n'ai ni autorité ni compétence ni de suffisantes connaissances pour faire autre chose qu'identifier brièvement ce qui, dans l'islam, relève probablement du facteur favorisant non pas les atrocités qui sont commises en son nom, mais seulement l'existence d'une possible lecture de l'islam qui justifierait ces exactions. Certes, c'est alambiqué comme façon de s'exprimer, mais parmi ces facteurs, il y a : - l'absence de critique textuelle du Coran : il aurait été donné par Gabriel à Mahomet ; - l'imbrication du civil et du religieux dans le Coran ; - l'absence de clergé hiérarchisé dans l'islam sunnite, impliquant la coexistence de pratiques très divergentes sans qu'une unification du dogme soit possible. Je ne peux pas imaginer être exhaustif et j'en accepte la critique. Il n'appartient pas aux non-musulmans de résoudre les problèmes que posent ces facteurs endogènes à l'islam lui-même. Les musulmans sont libres de considérer ces causes comme n'étant pas des problèmes, et donc de ne pas y apporter de solutions, quand bien même ces faits auraient permis l'émergence et la prolifération d'une vision extrémiste de l'islam. Des facteurs politiques À ces facteurs endogènes de l'islam s'ajoutent une conjonction et un enchaînement de facteurs politiques : - l'inégale répartition de l'éducation dans les pays musulmans ; - la dynastie des Séoud a semble-t-il indéfectiblement épousé le wahabisme 2 ; - elle s'est imposée sur la majeure partie de la péninsule arabique ; - et y a gagné à la loterie géologique du pétrole 3 ; - et dispose donc de moyens colossaux pour exporter sa vision rigoriste de l'islam. Là encore, vu de ma lorgnette de petit Français, ça ne me regarde pas : je n'ai aucun droit de regard sur ce qui se passe dans la péninsule arabique. Le pacte contre-nature Deux dynasties arabes se sont levées lors du premier conflit mondial contre la tutelle de l'empire ottoman, et ont combattu avec les Alliés. Une fois les hostilités contre l'adversaire commun terminées, ces deux dynasties se sont battues entre elles. Les Hachémites ont perdu et reçu comme lot de consolation la Jordanie et l'Irak, quand les Séoudites établissaient leur hégémonie sur l'essentiel de la péninsule arabique. Les Anglais tiraient peu ou prou les ficelles en coulisse, ont-ils commis une erreur de casting en laissant s'opérer ce partage ? Le 14 février 1945, F.D. Roosevelt au retour de Yalta rencontre le roi-fondateur d'Arabie saoudite Ibn Séoud à bord du croiseur USS Quincy. Un pacte est conclu entre les États-Unis et Ibn Séoud, stipulant que : - les États-Unis reconnaissent que la stabilité géopolitique du royaume d'Arabie saoudite et de sa région font partie de leurs intérêts vitaux ; - ils s'engagent donc à soutenir inconditionnellement la dynastie d'Ibn Séoud et accessoirement le royaume d'Arabie saoudite contre toute agression extérieure ; - et soutiennent les ambitions d'établissement d'une quasi-suzeraineté du royaume sur les autres États de la région ; - et s'engagent à ne pas s'immiscer dans les affaires internes du royaume ; - en contrepartie de quoi les États-Unis bénéficient d'une garantie d'approvisionnement en pétrole. Je ne suis pas plus juriste ou diplomate qu'islamologue, mais mon expérience des contrats m'a appris à ne jamais négliger la désignation des parties, ce qui n'est pas un problème si trivial que ça. Et là, j'ai le sentiment que nous sommes en présence d'un bug, une sorte d'Objet Diplomatique Non Identifié, sans doute pas tout à fait un traité : une personne s'engage au nom de sa dynastie avec un État souverain dans une sorte de contrat d'assurance dont le sinistre couvert serait l'éviction de la dynastie, et la prime payée, la sécurisation des approvisionnements pétroliers des USA. Cela ressemble à un abus de bien social, sauf que nous sommes ici dans le champ régalien. Les gigantesques ressources minérales d'un pays sont monnayées par une famille régnante non pour une improbable nation (existe-t-elle seulement ? ce concept même de nation est-il pertinent dans la péninsule arabique ?) mais pour le seul intérêt d'une famille, fût-ce au détriment de cette nation. Au pays de l’or noir Ce pacte du Quincy a été conclu initialement pour une durée de soixante ans. Il a été renouvelé en 2005 par G.W. Bush. Et pour ceux qui en douteraient, 2005 est bien postérieur au 11 septembre 2001. Vous ne comprenez pas ? Moi non plus. Plus que cinquante ans à méditer cette phrase de Bossuet qui tient le haut du pavé en ce moment : « Dieu se rit des hommes 4… » Mon lecteur aurait sans doute raison de penser que j'extrais des faits, les isole de leur contexte complexe et leur donne un éclairage peut-être trompeur, du fait de ma compréhension aussi limitée que l'espace dévolu à un billet. Malgré ça, je voudrais conclure en mentionnant un dessin d'humour (c'est à la mode) anglais découvert consécutivement au décès récent du souverain de ce royaume étrange, mais il est plus ancien 5. Y est représentée une reine d'Angleterre et son ducal époux qui, sur un tapis rouge, font une révérence devant un baril de pétrole. Est-ce que la première des mesures à envisager pour lutter contre le terrorisme islamique ne devrait pas être de réduire drastiquement notre appétence pour l'or noir ? Bien sûr, cela ne sera jamais suffisant, mais c'est sans doute nécessaire, et personne n'en parle.

Rémy Mahoudeaux

___ 1 Extrait du Discours de la méthode : « Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerois, en autant de parcelles qu’il se pourroit, et qu’il seroit requis pour les mieux résoudre. Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connoître, pour monter peu à peu comme par degrés jusques à la connoissance des plus composés, et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres. » 2 Courant de l'islam prônant l'absence d'interprétation autre que littérale du Coran. 3 Suivant l'expression géniale de M. Claude Imbert. 4 « Dieu se rit de ceux qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes. » 5 Le lien vers la plus ancienne source trouvée : http://www.osamasaeed.org/osama/2007/11/scraping-the-bo.html

(oups ! oublié de publier synchrone)