Les personnes qui ont lu René Girard ne sont pas obligées d’abonder dans son sens, mais peuvent-elles faire comme si elle ne l’avait pas lu ? Le prisme de sa « théorie mimétique » est trop dérangeant et trop puissant pour laisser indifférent. Pour René Girard, le désir n’est pas original, il n’est que l’imitation du désir d’un autre par mimétisme. Dans un groupe archaïque, les désirs de chacun, qui sont en concurrence, engendrent une confusion de plus en plus grande qui dégénère en crise et menace l’unité du groupe. Au paroxysme de cette crise, une polarisation de tous les conflits se fait au détriment d’un seul individu : le bouc émissaire, qui est collectivement lynché. La paix revient dans le groupe, elle est attribuée au pouvoir de ce bouc émissaire, alors on le divinise et on écrit le mythe en lui inventant une culpabilité, pour cacher celle des lyncheurs. C’est la genèse des religions archaïques. Moralité : le bouc émissaire est en fait innocent.

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