Votre confession publiée dans le New-York Times le 14 mars (1) ne nous apprend rien, Monsieur Smith : Ceux qui auront lu l'excellent livre de Marc Roche « La Banque » savaient déjà que votre fameux ex-employeur n'avait comme religion que l'argent, celui qu'il gagnait, et que la satisfaction de ses clients n'était qu'un accessoire pratique mais pas vraiment essentiel. Votre témoignage ne fait que confirmer de l'intérieur ce qui transpirait depuis longtemps. En vous lisant, vous m'avez fait me souvenir d'un livre d'Arthur Koestler, le Zéro et l'Infini (Darkness at Noon, 1941), lu jadis, et qui dépeignait une histoire de procès politique stalinien où l'aboutissement idéal est l'autocritique publique du prévenu. Relire Koestler serait un plaisir et un luxe. Mais la repentance n'a pas toujours bonne presse, et je n'ai aucune autorité pour juger la façon dont vous gérez l'évident conflit de loyautés auquel vous faites face.