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dimanche 10 mars 2019

Agnès Thill : traquer sans relâche la dissidence

Les apparatchiks socialistes qui ont quitté le radeau en perdition pour rejoindre Emmanuel Macron en 2017 n’ont pas oublié d’emporter dans leurs besaces les quelques réflexes qui en font, malgré leurs élections éventuelles ou leurs maroquins, des zombies en sursis. Parmi ces réflexes, deux ont été mis en évidence par la tribune publiée par Têtu le 8 mars 2019. Tribune ? Plutôt un réquisitoire en bonne et due forme, appelant à l’éviction d’Agnès Thill, qui ose ne pas démordre de son opposition à la PMA sans père. « Sachez refuser les compromis avec l’ensemble des comportements discriminants. Sachez exclure. »

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dimanche 3 mars 2019

Grand débat national, citoyenneté et démocratie : quelques propositions décoiffantes…

Voici quelques suggestions à verser au débat dont je doute qu’il soit grand : il semble biaisé dès l’origine. Mais ce n’est pas, pour autant, une raison suffisante pour s’abstenir. Mes propositions ne sont sans doute pas politiquement correctes, mais si elles étaient prises en compte, notre pays irait sans doute mieux.

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dimanche 30 décembre 2018

Recette de saison : le sabotage de grand débat national

La gestion de la crise des gilets jaunes a accouché d’un grand débat national. C’est beau, le débat, dans une démocratie, c’est même essentiel : pas de débat, pas d’occasion de discuter et de convaincre que le bien public serait mieux servi par telle décision que par telle autre. Sauf qu’il y a, dans ce grand débat qui nous est proposé, comme une arnaque manifeste.

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lundi 17 décembre 2018

Référendum d’initiative citoyenne : certes, mais…

Ce n’est pas le dernier référendum national tenu en France qui a meurtri profondément le pays, c’est ce qui en a été fait après. Lui n’a fait qu’acter d’un clivage profond entre élites et peuple. Le rejet du traité constitutionnel européen aurait dû, en bonne logique, alerter sur le problème d’une Europe déjà devenue ingouvernable et échappant à la démocratie, confisquée par des technocrates que les peuples ne contrôlent pas. Une fois la sidération passée de voir que le peuple avait tiré le signal d’alarme, les seules préoccupations des eurocrates furent de relancer le train dans sa course folle, mais en supprimant ce signal d’alarme. Ce fut le traité de Lisbonne. Bien sûr, Nicolas Sarkozy et tous les Français qui ont contribué de près ou de loin à ce traité devraient être inculpés de haute trahison, et surtout les parlementaires qui ont voté pour cette abomination* quand le suffrage universel l’avait rejetée.

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jeudi 30 novembre 2017

Le Salon Beige gagne en cassation : Désespérer de la justice n'est pas obligatoire !

Il arrive qu’une décision de justice satisfasse le spectateur lambda d’un pouvoir régalien en perdition. Le Salon beige, influent blog d’information catholique, avait juxtaposé deux clichés : un de 1942, présentant un jardin public où était affiché « Réservé aux enfants, interdit aux juifs », et un de 2013, où un gardien expulsait manu militari du jardin du Luxembourg un paisible porteur de sweat-shirt arborant le logo de la Manif pour tous. Titre et sous-titre : le retour de la bête immonde, les heures les plus sombres de notre histoire. Le blog a été condamné en première instance et en appel pour diffamation envers le gardien. Bonne nouvelle pour Le Salon beige : la Cour de cassation a cassé ce jugement. Désespérer de la justice n’est pas obligatoire.

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lundi 11 septembre 2017

Le paradoxe européen de Macron et Ménard

Le Président Emmanuel Macron s’exprimait de Grèce à propos de l’Europe le 7 septembre. Malgré un verbe pompeux à souhait, il y a (chose rare à ce niveau de responsabilité) avoué la grande trahison

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mardi 8 août 2017

Elections : Les castings déplorables

Dans le monde de la comptabilité et de l’audit, il est un principe qui impose la prééminence de la réalité sur l’apparence. Les Anglo-Saxons l’énoncent ainsi : « substance over form ». Avoir l’air de ne sera jamais aussi bien qu’être. Ce principe de bon sens n’a pas réussi à s’imposer partout, témoin nos dernières élections présidentielles où se sont affrontées des baudruches gonflées d’ego hypertrophiés, mais dépourvues des qualités nécessaires pour ce type de poste : culture, écoute, capacité d’anticipation, sens de la décision, éthique de la responsabilité et altruisme. Être élu est devenu un job d’histrion, et tant pis pour les carences d’exécution qui se constatent après le vote. Les médias s’imaginent des faiseurs de roi, et ils le sont sans doute, pour le mauvais et l’encore pire.

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lundi 24 avril 2017

Des listes électorales

Pour qu’un pays puisse être considéré comme démocratique, il faut que des élections y soient organisées de temps à autre afin de désigner des élus ou pour répondre à une question lors d’un référendum, voire une votation chez nos voisins suisses. Cela suppose une mobilisation de citoyens. Une armée de scrutateurs et d’assesseurs tente, pour la plupart d’entre eux, d’encadrer honnêtement le déroulement du vote. Grâce à eux, les scrutins peuvent être sincères et conformes aux prescriptions de la loi. Il faut aussi mettre en œuvre une certaine logistique : des bulletins, des enveloppes, des isoloirs, des urnes et des listes électorales. Ces dernières ont pour rôle primordial de dire qui peut voter dans un bureau, et leur émargement empêche que deux votes soient émis pour un et un seul électeur.

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mercredi 1 mars 2017

Des cordons sanitaires

En politique, l’ostracisme existe. Il y a à peine plus d’un an, une alliance de circonstance entre le choux et la chèvre a permis de priver un loup vilipendé d’obtenir la proie qu’il convoitait : la tête d’une région ! Le ban, cette sentence tirée du droit féodal, existe encore puisque le système prive de l’accès aux responsabilités le parti des infréquentables avec l’aide de peu reluisantes combines, nonobstant quelques exceptions d’intérêt local qui tiennent lieu d’alibi démocratique.

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lundi 27 février 2017

Un gendarme blessé à Nantes : qui s’en soucie ?

Un gendarme est blessé. Un parmi onze membres des forces de l’ordre ce week-end à Nantes, en marge de la venue de Marine le Pen, présidente d’un parti autorisé en France, députée européenne, candidate à l’élection présidentielle. Ce gendarme a été plus grièvement blessé que les autres et devra s’arrêter de travailler pendant 7 jours. Les images qui sont relayées sur internet troublent : où est l’état de droit, l’état d’urgence, quand des milices amies du pouvoir en place se livrent à la violence dans une quasi-impunité ? Il faudrait presque être soulagé que le bilan ne soit que de onze blessés.

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samedi 17 décembre 2016

Désastres halieutiques en série aux primaires

Après Jean-Frédéric Poisson évincé, exeunt les Poissons roses et Régis Passerieux, leur candidat qui prétendait participer aux primaires de la « Belle alliance populaire ». Faute d’un nombre de parrainages suffisants, ces chrétiens de gauche n’auront pas de compétiteur aligné sur la ligne de départ. Certes, il s’agissait d’un challenger. La direction du Parti socialiste aurait organisé l’ostracisme en décourageant les parlementaires d’apporter leur soutien à ce mouvement atypique de chrétiens revendiquant de l’être dans un parti où il est de bon ton de manger ostensiblement un steak le vendredi, par pure provocation. Ils doutent, désormais, d’avoir encore une place dans les eaux troubles du marigot.

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vendredi 30 septembre 2016

Nuit debout contre Veilleurs : deux agoras mais pas de débats !

Le camp du bien n’a pas besoin de se justifier ni de débattre, ni même de se défendre contre les accusations qu’on pourrait porter contre lui. Il lui suffit d’affirmer qu’il est le camp du bien et que celui qui n’abonde pas dans son sens est un fasciste, ou tout autre avatar moderne de cette peste brune : homophobe, islamophobe, etc. Point n’est besoin de discuter avec un fasciste.

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mercredi 6 juillet 2016

Le tapis rouge ou le coup de pied aux fesses ?

Il y a comme une espèce de frénésie, de folie mimétique dans l’empressement qu’ont les eurolâtres à vouloir compenser la « perte » probable du Royaume-Uni par l’entrée d’un poids lourd, avec un gros marché intérieur si possible en croissance et des réserves de main-d’œuvre à bon marché : la Turquie. Cela évoque un troupeau de moutons de Panurge qui s’inventent collectivement des arbres qui grimperaient jusqu’au ciel, et qui fuiraient lorsque ces arbres s’effondrent. Hystérie des marchés, quand tu nous tiens …

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jeudi 5 mai 2016

Debout, constituants nocturnes et diurnes

Vous n’aurez pas de compte rendu exhaustif et circonstancié de ma visite place de la République dans la nuit du mercredi 27 avril. J’y suis sans doute arrivé trop tard pour capturer un échantillon suffisant de l’Assemblée Générale de la Nuit Debout, mais j’en assez entendu pour encore une fois devoir déplorer chez des concitoyens la persistance d’un prisme de lecture obsolète fleurant bon le marxisme et la lutte des classes.

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mardi 15 décembre 2015

Epouvantail, démocratie et subsidiarité

Régionales : de l’épouvantail, de la démocratie et de la subsidiarité TRIBUNE | Réflexions personnelles après les élections régionales d’un agnostique politique qui n'a jamais voté Front national, qui pense perdurer dans son choix mais qui affirme qu'une démocratie tétanisée par le parti légal des infréquentables ne mérite pas d'être appelée démocratie.

L'HYSTERIE, vous savez ce mot sorti tout droit du vocabulaire médical véhiculant un brin de misogynie, voilà ce qui me semble le mieux qualifier l'atmosphère de ces élections régionales passées. Un Premier ministre en exercice, qui n'en est pas à une outrance près, s'est même oublié au point de brandir la menace d'une guerre civile en cas de triomphe du FN, sans doute sans se rendre compte du ridicule de sa situation : il a tant clivé lui-même. Épouvantail Alors les électeurs ont vu bon nombre de candidats et de militants des partis « fréquentables » brandir ad nauseam, à défaut de projet, l'épouvantail bien commode du FN. Est-ce bien raisonnable de ne réduire qu'à cela le débat électoral ? Je ne pense pas. En outre, la ritournelle des critiques me semble être bloquée sur un Front national qui n'est plus : celui du patriarche qui en avait fait un fonds de commerce ronronnant et bien huilé, alimenté de temps à autre par un dérapage bien pratique pour lui interdire toute mise en responsabilité excessive par l'obtention d'un mandat trop en vue. Le Front national a changé, mais pas le regard que lui portent ses adversaires dont la feinte myopie permet sans doute bien plus de procès d'intention qu'il ne serait justice d'en intenter. Cette polarisation du débat sur le seul parti qui n'a jamais été un parti de gouvernement est lassante, fatigante. Elle châtre un débat public déjà trop décharné pour être autre chose qu'un simple alibi d'histrions prompts à noyer le manque de substance de leur projet derrière une apparence soigneusement choisie à l'aune du marketing politique. De plus elle semble être durablement contreproductive puisque le FN progresse (inexorablement ?) vers le moment où il deviendra titulaire de mandats importants, sous les cris d'orfraies des Diafoirus de l'establishment politique. Le Front national capte à chaque élection de plus en plus de suffrages dans l'électorat français. J'aurais envie de dire très simplement que si les partis de gouvernement qui se sont partagé en alternance le pouvoir depuis les débuts de la Ve république n'avaient connu que des francs succès politiques, économiques, sociaux et culturels, le FN serait marginalisé ou aurait disparu dans un cul de basse-fosse : son poids électoral d'aujourd'hui n'est que le dividende de cinq décennies d'incurie et d'échecs. Ici encore, la sentence de Jacques-Bénigne Bossuet vient châtier les responsables inconséquents : « Dieu se rit de ceux qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets. » Bref, l'épouvantail que François Mitterrand avait favorisé pour faire la nique à la droite de l'époque, semble échapper à tout contrôle : les électeurs le suivent. Démocratie Si la démocratie suppose un débat, celui-ci ne devrait pas se résumer à des échanges de rafales de boules puantes. Nous avons eu notre lot, dont certaines particulièrement nauséabondes. Le débat démocratique sort-il grandit de telles joutes ? Non bien sûr, et tous les moyens ne sont pas acceptables pour gagner une élection. J'ai trop pratiqué les chiffres dans ma vie pour leur faire une confiance aveugle, mais je ne peux pas m'empêcher d'additionner abstentions, blancs, nuls et votes FN du second tour. Cet agrégat représente 59,5 % des inscrits. Et le constat est que 100 % des régions seront présidées et dirigées par des personnes et des partis envers qui presque 60 % du corps électoral a exprimé sa défiance soit en ne votant pas, soit en votant blanc ou nul, soit en votant pour le trublion de ces élections, irréductiblement opposé à ces personnes et partis. Il convient de mettre cette asymétrie manifeste en perspective : elle n'est pas plus choquante que de voir le PCF ou les écologistes obtenir au sein de nos assemblées des sièges au-delà de leur poids électoral intrinsèque quand le FN se voit sous-représenté. Soyons clairs : les « magouilles » d'appareil, même légales, associées aux chausse-trappes structurelles permettent de biaiser et de créer une distorsion manifeste entre le peuple et ses représentants. Qu'un scrutin de liste soit soumis à deux tours n'est pas reluisant quant au respect du critère démocratique essentiel qu'est la représentativité. Qu'entre les deux tours, une possibilité de fusionner soit offerte est tout simplement une trahison des électeurs qui ont apporté leurs suffrages à la qualification en finale. Les simples retraits de listes sont du même acabit. Qui peut aujourd'hui brandir la démocratie en étendard ? Ceux qui hurlent au loup à propos du FN ne peuvent ni l'un ni l'autre se targuer d'en être les champions : le traité de Lisbonne comme la récente loi renseignement sont de tristes exemples 1 qui devraient interdire encore pour quelques années aux deux formations politiques dominantes les postures et les costumes de défenseur de l'ordre démocratique dont ils se revêtent trop facilement à mon goût. Subsidiarité Ces élections sont venues se greffer sur un changement de configuration des régions sur lequel il y aurait beaucoup à dire : une réforme bricolée avec des distorsions stupéfiantes laisse à l'observateur l'impression que des technocrates amateurs se sont fait plaisir sans réel souci de logique, en dehors de toute contrainte intelligible et sans se questionner sur les aspirations du peuple. Les disparités intrinsèques des nouvelles régions sur la carte finale rendent le résultat pitoyable : une région qui va de Biarritz à Limoges se peut-elle comparer à une Bretagne toujours amputée de sa partie ligérienne ? Mais c'est toute l'organisation territoriale bricolée depuis trente-cinq ans qui rend la chose publique locale illisible et inopérante et même incompréhensible. Quoiqu'il en soit, l'enjeu local des élections régionales a – il me semble – été occulté et les enjeux nationaux se sont imposés sur le devant de la scène… Encore une occasion de perdue, une de plus. Quand cesserons-nous d'être jacobins ? Il faut bien conclure. Deux pistes de réflexion me semblent devoir être explorées. L'une est structurelle, puisque certaines des carences de notre démocratie le sont. Dans un régime à bout de souffle, j'aspire à un « putsch constitutionnel » sur le modèle islandais dont j'admire l'originalité2, mais surtout, que ce coup de force aille jusqu'au bout : la présentation d'un projet à des électeurs lors d'un référendum. Je laisse à Simone Weil3 le soin de formuler la seconde, grâce à Gaultier Bès qui a exhumé cette injonction dans un pépiement au soir de ce second tour : « Que les partis partent. Que la politique commence. »

R. M. 1 Il y en a beaucoup d'autres. Beaucoup trop. 2 Tirage au sort d'un grand collège qui sélectionne un nombre restreint de rédacteurs qui ne sont pas des professionnels de la politique ou du droit public. 3 Notes sur la supression générale des partis

Publié à l'origine sur Liberté Politique

lundi 31 août 2015

Beaucoup de bruit pour rien ?

Marion Maréchal-Le Pen à la Ste-Baume : beaucoup de bruit pour rien ?

TRIBUNE | La sphère politico-médiatique a bruissé toute une semaine sur ce scandale, justifiant la une du plus renommé des quotidiens nationaux : les cathos auraient invité le Diable lui-même pour discuter ! Branle-bas de combat dans les officines et les salles de rédaction, prises de positions publiques et emportements sur les réseaux sociaux, thèmes et anathèmes, etc. Tout ça pour quoi ?

Les faits d'abord : l'Observatoire sociopolitique de Fréjus – Toulon (OSP) 1, sous l'autorité de Mgr Rey et conduite par les dominicains de la Sainte-Baume organisait son université d'été, et a inscrit à son programme une table ronde sur le thème « Vérité et Politique ». Parmi ses intervenants : MM. Simon Renucci, Hervé Mariton, Arnaud Le Clere 2, et Mlle Marion Maréchal-Le Pen. Je vous laisse imaginer qui incarnait le Diable. Le gâchis d'indignation Des voix dans et hors de l'Église se sont élevées qui pour fustiger cette présence, qui pour la défendre. Certains n'hésitaient pas à flirter avec le seuil de la reductio ad Petainum, qui dans ce cas ressemblait à un mauvais joker sorti sans grande discrétion d'une manche où il attendait son heure. Je me suis permis, dans la modeste mesure de l'audience que me confère ma position sur les réseaux sociaux, de soutenir la présence de l'intervenant faisant scandale. Ce n'est certes pas pour une proximité plus ou moins avouable avec ses idées ou celles de son parti, mais pour servir l'idée que je me fais de la démocratie. Soyons scolaires deux minutes, pour rappeler que les prérequis de la démocratie sont : • qu'une agora existe ; • que l'on ait le goût, l'envie d'y débattre ; • que l'on y respecte l'autre et sa parole ; • ainsi que la décision issue du meilleur consensus trouvé lors de ce débat. Je ne vois pas ici qu'il soit nécessaire d'établir une préalable autorité qualifiante des interlocuteurs d'un débat, surtout si un protagoniste est revêtu d'une onction que confère le suffrage de ses concitoyens. Ce qui est vrai pour la société civile l'est encore plus pour l'Église : pas question de réécrire les Évangiles en évitant à Jésus d'y fréquenter Zachée, Madeleine, le bon larron et tous les possédés qu'il a sauvé. Un débat plaisant sans être complaisant Le débat a eu lieu, l'OSP a permis à ceux qui le souhaitaient d'y assister via une retransmission en direct sur l’Internet. J'en ai pépié un compte rendu en direct sur twitter, avec les limites de ce genre d'exercice qui ne saurait retranscrire la richesse des propos tenus, et ce malgré les outrages infligés à la langue française du fait de l'urgence de passer à l'idée suivante. Je ne rentrerai pas dans le détail de ce qui s'y est dit, et je vous invite à visionner l'enregistrement qui en a été publié. Mais j'ai pu assister à un débat sincère, tenu avec respect entre personnes dont rien n'indiquait qu'elles ne soient pas de bonne volonté, et qui n'ont pas occulté leurs divergences d'opinion ni renié leur foi ou leurs convictions. Débat avec des convergences, des divergences, des affects, des piques aussi. Bref, un débat démocratique authentique. Sans même parler des assemblées et conseils qui nous gouvernent (si mal pour certaines d'entre elles), est-il aussi fréquent au sein des partis que des débats d'une telle qualité existent ? Que les Diafoirus de l'idéologie, les histrions du microcosme médiatique et autre pisse-vinaigre isolent la petite phrase qui tue, la sortent de son contexte et la montent en épingle avec une résonance bien supérieure à la mienne est plus que probable. Tant pis. J'ai assisté à un vrai débat démocratique, j'aimerais que ce respect soit la norme et pas l'exception, et j'en remercie de l'avoir rendu possible l'OSP de Fréjus-Toulon et tous les intervenants. Même le Diable. @Remseeks

Initialement publié sur Liberté Politique

mercredi 1 juillet 2015

du bon usage de la démocratie directe

Référendum : du bon usage de la démocratie directe

TRIBUNE | Quelques réflexions relatives à l'usage du référendum, alors que les Grecs sont appelés par leur gouvernement à se prononcer sur les propositions de ses créanciers européens.

Le 29 mai 2005 en France a eu lieu un référendum portant sur l'acceptation, ou non, du traité constitutionnel européen. Avec le résultat que l'on connaît : un non, peut-être ni franc ni massif, mais objectif, tangible, réel. Vassaliser le peuple souverain S'en est suivi un travail de cosmétique à la truelle pour parvenir peu ou prou à un résultat similaire à ce qu'aurait été l'acceptation simultanée par toutes les nations d'Europe de ce traité constitutionnel. La ratification par le parlement français réuni le 8 février 2008 du traité de Lisbonne doit être regardée comme une ignominie absolue en matière de démocratie : ce que la démocratie directe avait exprimé clairement a été bafoué par les représentants élus du peuple, et cela ne compte sans doute pas pour rien dans la défiance dont témoignent les Français vis-à-vis de la politique. Comble de l'abjection, le chef d'orchestre de ce coup de force, ce fossoyeur de la démocratie directe, pépiait récemment sur la toile son désir de rétablir le référendum, y voyant une panacée qui permettrait de rétablir cette confiance perdue dans la parole publique. Pense-t-il (et malheureusement peut-être a-t-il raison) que les Français ont la mémoire si courte ? Cela ne serait pas nouveau... Premier enseignement : de même qu'il existe des choses jugées en dernier ressort, il devrait être reconnu au référendum la capacité de conférer à toute décision prise par cette voie la plus haute légitimité et autorité. Petite critique incidente : la lecture du traité était trop ardue et trop rébarbative pour un citoyen standard : une constitution devrait être lisible de tous. Plusieurs exemples. Échapper à la doxa Affaire compliquée que la faillite islandaise de la Landesbanki. J'y ai consacré un article en 2011, que je n'ai pas actualisé depuis. Pour faire court, suite à la faillite d'une banque privée islandaise, les contribuables de ce pays auraient pu/dû honorer le remboursement des créances dues aux créanciers privés ou publics néerlandais ou britanniques. Le parlement islandais avait négocié des accords en ce sens, le président a soumis à deux référendums la ratification de ces accords, et le peuple les a rejetés. J'ignore si ce refus était motivé… • par la perception de son simple intérêt, • par le ressentiment envers les tentatives de coup de force et intimidations des pays créanciers, • plus simplement parce que le peuple islandais n'est pas persuadé du bien-fondé de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits en matière de faillite bancaire, dérogeant en cela à la doxa prédominante partout ailleurs — ce dont je lui donne raison ? Les deux leçons que j'en tire sont que 1/ faire confiance au bon sens du peuple peut-être une option, et 2/ qu'un élu devrait être humble et ne se croire que le dépositaire d'une autorité qui ne lui appartient pas. 700 000 signatures sur une pétition La plaie fait encore mal à tous les démocrates, l'insupportable veulerie d'une institution mineure de la République témoigne que la loi et son esprit sont bien peu de chose face aux tricheries sémantiques1, aux entourloupes politiques et aux biais juridiques d'un pouvoir en place, et la condamnation judiciaire de l'institution n'évacue pas l'amertume. Une grande partie du peuple aspirait à un référendum, elle l'a fait savoir, il n'y en a pas eu. Quand les élus et leurs « clients » trahissent la volonté du peuple et les gouvernants refusent que celle-ci s'exprime, une conclusion s'impose : ce n'est plus de la démocratie, ni directe, ni indirecte. Grexit Si Sir Winston Churchill avait demandé par voie référendaire aux britanniques s'ils ne voulaient, pour les quelques années à venir, que du sang, de la sueur et des larmes, ce peuple d'ennemis héréditaires dont il faut saluer le courage aurait peut-être dit oui, parce que les circonstances le commandait. Les Grecs, eux, sont confrontés à un choix difficile : accepter encore plus d'austérité pour éventuellement faire perdurer l'illusion de leur solvabilité. Je n'ai pas d'avis pertinent sur le bon positionnement du curseur des efforts et des réformes qui devraient s'imposer à la Grèce pour accorder, dans la mesure du possible, les intérêts de ses créanciers et le prix à payer par le peuple grec. Les créanciers (UE, BCE, FMI) veulent imposer cette amère potion à un moribond et se voient rétorquer que le peuple grec est souverain et peut décider de sa destinée, et refuser cette médication. Se pose la question de la légitimité de cette réponse référendaire dans un bras de fer entre créanciers et débiteur. Mes quelques réflexions sur ce sujet : 1/ ce problème n'a rien à voir avec la Landesbanki évoquée plus haut : ici la faillite serait-celle d'un État, pas d'une entreprise privée ; 2/ quand une entreprise rencontre des difficultés au point de ne plus pouvoir honorer ses engagements, les créanciers y prennent en partie le pouvoir via la nomination d'un liquidateur, et ni les anciens dirigeants, ni les actionnaires ne peuvent prendre de décisions. Il n'est pas anormal ni amoral que des créanciers malmenés souhaitent bénéficier d'un contrôle strict, fût-il exercé par un tiers liquidateur. Sauf à démontrer l'abus de crédit, les emprunteurs sont et doivent rester responsables de leur dettes ; 3/ le risque me semble grand que ce référendum soit biaisé : la question, qui porterait sur l'acceptation ou non des propositions des créanciers sera comprise suivant une logique « êtes-vous pour ou contre l'austérité », quand il a déjà été répondu à cette question par l'élection du pouvoir en place en Grèce ; 4/ de mon point de vue, tout ce qui touche de près ou de loin à la collecte de l'impôt doit sortir du champ référendaire. Au final, nous aimerions tous le beurre, l'argent du beurre, le bisou de la crémière et lui voler son fonds de commerce ; 5/ question incidente : où en sont les procédures contre Goldman Sachs pour avoir aidé la Grèce à tromper l'UE, et s'être défaussé de ses actifs en laissant ses clients assumer les pertes ? Les dirigeants politiques de l'époque sont-ils en prison ? Ce référendum n'a pas encore eu lieu, mais il ressemble plus à un plébiscite du pouvoir en place pour tenter d'échapper au diktat des créanciers en montrant un pays uni derrière son chef, ou pour arracher de nouvelles concessions. Ce serait beau et nous pourrions applaudir si 1/ les citoyens grecs ne se livraient par ailleurs à un bank run 2 d'un type nouveau : conserver en euro et en espèce toute monnaie fiduciaire qui pourrait être convertie en drachme, spéculant ainsi sur une sortie imminente de l'euro, et 2/ s’il n'était pas immoral de ne pas honorer ses dettes. La votation en Suisse Prendre un café le matin dans la brasserie en bas du bureau permet à la longue d'échanger avec des personnes que, sans vraiment connaître, on finit par apprécier. Je discute souvent avec un citoyen helvète résidant à Paris, y ayant des affaires. Oui, parfois on vote trop souvent chez nos voisins, de leur aveu même, mais : 1/ les initiatives citoyennes, dès lors qu'elles reposent sur une base solide, sont sanctionnées par un scrutin. Les élus peuvent reformuler, infléchir, bonifier la question référendaire, et ils ne s'en privent pas, mais ils organisent le vote et respectent le choix des urnes ; 2/ les mandats politiques sont d'un moindre pouvoir qu'en France : toute décision publique peut se voir infirmer par un référendum ; 3/ certaines questions soumises à référendum sont qualifiées de « populistes », avec l'arrogance qui convient parfois à ceux qui usent de cette étiquette. Mais la démocratie n'est-elle pas le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple ? J'envie nos amis suisses.

Rémy Mahoudeaux

___ 1 Petit rappel : le caractère prétendument sociétal (et non social) du mariage entre personnes du même sexe était invoqué pour écarter la demande comme hors du champ référendaire. Or l'entrée « sociétal » n'existe toujours pas dans le dictionnaire en ligne du CNRS, le centre national de ressources textuelles et lexicales : http://www.cnrtl.fr/definition/societal 2 « Course au guichet », mouvement de panique qui voit les déposants tenter de retirer au plus vite leurs espèces pour se prémunir du risque d'insolvabilité de leur établissement bancaire.

Publié à l'orgine sur Liberté Politique

mardi 28 avril 2015

Deux poids, deux mesures

Parmi ceux qui briguent des mandats, certains s'étonnent de la désaffection des citoyens pour les urnes, les partis, la chose publique. J'ai une sincère envie de prendre un mégaphone et d’y hurler à l’intention de leurs oreilles cette phrase de Bossuet : "Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils continuent de chérir les causes".

Et la suite se trouve sur le Cercle les Echos

vendredi 1 août 2014

Du bon usage des sifflets

Le 27 juillet lors de la manifestation en soutien aux chrétiens d’orient sur le parvis de Notre-Dame de Paris, Me. Klugman, élu Parisien et avocat des Femens, mandaté par Madame Anne Hidalgo (Maire de Paris) pour la représenter, a été copieusement hué et sifflé par la foule. Je désapprouve personnellement ces huées auxquelles je ne me suis pas associé. Il aurait mieux valu que ceux qui désapprouvaient sa présence tournent tous silencieusement le dos à l’orateur.

Et la suite est publiée par Stendhal

vendredi 11 octobre 2013

La répression de ceux qui veillent n’est pas terminée

Je n’écris bien sûr qu’un très modeste chapitre de cette histoire, celui qui me concerne aujourd’hui. D’autres sont ou seront plus tristes, plus graves à lire.

Et la suite sur Le Rouge & le Noir - Bonne lecture

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